Il était une Critique de Twice Upon a Time

Il était une Critique de Twice Upon a Time

Il était une Critique de Twice Upon a Time

L’épisode spécial de Noël de Doctor Who est un événement incontournable de la télévision britannique, un moment particulier où petits et grands se réunissent ensemble devant leurs écrans de télévision pour assister à une aventure à part du Docteur, teintée de la magie merveilleuse de Noël, et naturellement, avec souvent tous les clichés qui lui incombe (sapin, guirlandes et flocons de neige…)

Depuis le renouveau de la série en 2005, les épisodes de Noël en question peuvent avoir d’importantes conséquences qui les conduisent, inéluctablement, vers la fin d’une incarnation et le début d’une nouvelle régénération du Docteur, avec entre autres son lot d’émotions liées au fait de devoir dire adieu à un acteur tant apprécié. En ce qui concerne Twice Upon a Time, son cas est encore plus évocateur. Dernier épisode de Peter Capaldi, dans la peau du plus célèbre des Seigneurs du temps, et de Steven Moffat, après 6 saisons en tant que showrunner de la série, il marque la fin d’une ère et l’ébauche d’une nouvelle (la scène de fin avec le nouvel interprète du Docteur, Jodie Whittaker).

Il est évident que le funeste et dernier scénario de Steven Moffat comme grand manitou de Doctor Who joue d’une façon amusante avec les références et clins d’œil de la série classique comme à son habitude, et en premier lieu, en faisant intervenir la toute première incarnation du Docteur. Twice Upon a Time est un véritable exercice de fan-service ostentement assumé qui revisite avec acharnement les fondements de sa mythologie et proposent des réponses à des questions avec lesquelles seuls les whovians sont prêts à se prendre la tête. Il est également un habile jeu de miroirs à quatre faces qui opère entre ses quatre protagonistes principaux (le 1er Docteur, le 12ème Docteur, le Capitaine et Bill Potts) car, fondamentalement, tous les quatre sont en quelque sorte des morts en pénitence.

Premièrement, faisons le point sur l’aspect “épisode de Noël” de Twice Upon a Time qui, à part sa séquence de fin dans les tranchées à Ypres en 1914, est certainement l’épisode le moins esprit de Noël chapeauté par Steven Moffat depuis qu’il tient les rênes de la série. De plus, narrativement parlant, Twice Upon a Time n’offre au final aucune réelle conséquence “grave” ou importante dans la trame chronologique de la série de Doctor Who, puisqu’il est évident que même sans spoilers tout le monde savait, avant même que l’épisode commence, que le Docteur de Capaldi était déjà foutu depuis la fin de la saison 10 et que celui-ci allait se régénérer en Jodie Whittaker. En clair, Twice Upon a Time n’est au final qu’une sorte d’épisode bonus, une petite friandise après le dessert pour contenter les fans avec une savoureuse petite histoire qui offre un départ galvanisent à Peter Capaldi et à son showrunner attitré.

Toutefois, Twice Upon a Time a l’originalité d’être un épisode multi-Docteurs qui amène la dernière incarnation du Docteur, encore debout, à rencontrer le tout premier Docteur, qui dans cet épisode est réinterprété, pour des raisons évidentes, par un David Bradley incroyablement possédé par l’esprit de son interprète d’origine, William Hartnell. Pour ainsi dire, Bradley reproduit quasiment, pour ne pas dire entièrement, à l’identique la gestuelle et la façon de parler d’Harknell, et là, on peut évidemment déjà parler d’une prouesse artistique de l’acteur qui, haut de ses 75 ans, avait déjà précédemment interprété William Hartnell dans le docu-fiction, An Adventure in Space and Time, chapeauté par Mark Gatiss pour les 50 ans de la série Doctor Who en 2013. Ce face à face improbable entre le Premier Docteur et le Douzième Docteur joue fortement de leur opposition temporelle dans la continuité même de la série, qui semble également être ouvertement voulu comme une symbolique cyclique de vie et de mort. L’un est évidemment le commencement (de Doctor Who) et l’autre la fin (l’ère de Steven Moffat). Sinon, Twice Upon a Time s’amuse également avec le contraste stéréotypé véhiculé de la place de la femme dans la société (en général) de l’époque du Premier Docteur (dans les années 60), très souvent juste bonne à faire la bonniche. Il est amusant de voir que cela pousse à chaque fois le Douzième Docteur à reprendre certaines répliques de son homologue ancien (1er Docteur) qui peuvent être interprétées comme sexistes aujourd’hui, et ce, comme si les feux de la colère d’une association féministe pouvaient leur tomber dessus à chaque instant.

L’épisode opère également une autre opposition entre les personnages du Capitaine, joué par Mark Gatiss, et Bills Botts. Si nous nous torturons un peu plus les méninges dans une réflexion philosophique, l’un peut représenter la raison (le Capitaine) qui fait de grand discours, cherchant à tout rationaliser à travers ce qu’il assiste, et qui va même à vouloir se sacrifier pour des raisons plus que logiques, alors que l’autre (Bill) est l’émotion, lié incontestablement aux souvenirs, aussi bons que douloureux, et qui tend à vouloir que le Docteur se confie et fasse des choix du cœur. La question de la dualité entre raison et émotion est ici évidente et ces deux compagnons peuvent dès lors être interprétés comme une sorte de synthèse du combat émotionnel que mène le Docteur.

Sinon en ce qui concerne les autres protagonistes de l’histoire, il n’y a vraiment rien de spécial a en tirer. La femme de verre, n’est au final qu’une interface du futur sans réelles mauvaises attentions, au contraire. Le bon Dalek Rusty, même si c’est une grosse surprise de le voir ici, est au final juste là pour fermer la parenthèse d’une sous-intrigue ouverte dans Into the Dalek (second épisode de la saison 8, nouvelle série) aux fans qui se demanderaient ce qu’il est devenu, vu que la fameuse scène où il s’auto-explose dans un vaisseau Dalek, en apportant tous ses congénères avec lui, fût au final coupée. Un côté kamikaze jugé par la BBC bien trop proche de l’actualité terroriste qui secoua l’Europe à l’époque de sa diffusion.

La réalisation est confiée à Rachel Talalay, une réalisatrice américaine à lequelle on doit le sixième volet de la série de films d’horreur Freddy, La Fin de Freddy – L’ultime cauchemar (Freddy’s Dead : The Final Nightmare en VO), donc pas grand-chose de quoi se vanter mais qui a depuis opéré à la télévision en réalisant des épisodes de nombreuses séries américaines ou anglaises (entre autres Sherlock). Son travail sur Twice Upon a Time est plutôt remarquable et très soigné, surtout sur l’esthétique visuelle apportée à l’image et aux décors dans lesquels évoluent nos héros. Pour ainsi dire, Twice Upon a Time parvient à passer du pôle sud enneigé, aux tranchées de la Première Guerre mondiale et aux ruines d’une planète extraterrestre dans un enchaînement narratif cohérent qui varie les décors tous plus beaux les uns des autres, et même si son côté “décors en carton-pâte” est grossièrement visible, cela n’est guère contraignant, car il devient un plus non négligeable, volontairement voulu dans l’esprit kitsch de la série classique de Doctor Who, et évidemment, je cautionne avec grande estime ce parti pris, plutôt cohérent si on y pense avec le fait de la présence d’un Docteur de la série classique.

Twice Upon a Time se joue également épisode historique en abordant un événement historique aussi magnifique qu’il soit incroyable: la Trêve de Noël entre les troupes britanniques et allemandes stationnées le long du front de l’Ouest en 1914 pendant la Première Guerre mondiale. Historiquement parlant, il y a eu plusieurs trêves de Noël, des brefs cessez-le-feu non officiels qui ont eu lieu durant le réveillon de Noël et Noël entre les troupes allemandes, britanniques et françaises dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. C’est l’une des seules références à Noël de l’épisode mais qui est toutefois sympathique d’être revisité dans une fiction comme celle-ci du fait qu’elle est assez peu connue du grand public en fin de compte.

Conclusion :

Twice Upon a Time est un excellent épisode mais sans réelle grande originalité narrative – les personnages vont d’un endroit à l’autre dans un seul but de ne pas mourir, sauf en ce qui concerne sa partie multi-Docteurs qui nous offre des bons échanges sympathiques et très drôles entre les deux incarnations du Seigneur du temps, et le talent incroyable de ses interprètes (Peter, tu vas nous manquer !). Twice Upon a Time est un épisode de Noël, où l’esprit de Noël se fait très timide, et qui brille surtout par son esthétique visuelle : ses très beaux décors et sa magnifique photographie (Bon sang, qu’il est beau ce coucher de soleil sur les deux TARDIS !).

Un dernier mot pour dire adieu à Peter Capaldi : merci d’avoir été un Docteur aussi badass ! Et, naturellement, bienvenu a Jodie Whittaker.
The king is dead long live the queen !

Twice Upon a Time

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