Critique glaciale de Thin ice

Critique glaciale de Thin ice

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Après que Bill est découvert le futur, le TARDIS atterrit à Londres, en 1814, où quelque chose de très inquiétant se remue sous la Tamise glacée faisant disparaître mystérieusement des amateurs de cirque.

Un éléphant sur la glace

Thin Ice fait son entrée fracassante par un éléphant qui traverse gracieusement la Tamise gelée. Une scène fantasmagorique me direz-vous, n’est-ce pas? Non à vrai dire. Même si cela semble incroyable qu’un pachyderme, peuvent atteindre les 7 tonnes, ne tombe pas sous la glace, il faut certainement commençait l’épisode Thin Ice par un cour d’histoire pour mieux l’appréhender et peut-être comprendre toutes ses subtilités. Entre le XVe et le milieu du XIXe siècle, l’Europe et l’Amérique du Nord subissent un important refroidissement du climat avec des hivers longs et froids et des étés courts. Une période que les historiens vont d’ailleurs appeler “le petit âge glaciaire”. Pendant cette période de grand froid que connaît la capitale britannique, les Londoniens organisent alors régulièrement une “Foire de la Glace” sur la Tamise, devenant ainsi une attraction touristique à part entière. Ont y trouver pour l’occasion des artistes de tous genres, des pièces de théâtre, des pubs temporaires et même des courses de chevaux. La dernière Foire de la Glace a été en 1814 (date à laquelle Bill et le Docteur débarquent) et a duré quatre jours. Depuis la Tamise n’a plus gelé, montrent en quelque sorte que le climat de notre bonne vieille planète évolue au cours du temps. Thin Ice prend son inspiration précisément et indéniablement à ce moment de l’histoire mais on peut également citer l’une des peintures d’Abraham Hondius de 1684, “Foire sur la Tamise gelée, à Londres” (que vous pouvez découvrir dans le Musée de Londres) comme vecteur d’influence visuelle dans l’histoire que nous raconte ici Sarah Dollar.

Le petit épisode sympa avec des effets spéciaux moches

Ce troisième épisode de la saison 10 suit le schéma établi par les deux précédents épisodes, après une histoire contemporaine d’introduction (The Pilot) et un second dans le futur (Smile), le Docteur ne pouvait absolument pas ramener sa nouvelle compagne au bercail sans lui avoir fait découvrir le passé à travers l’un des habituels épisodes dit “historique” de Doctor Who. Thin Ice est une aventure ponctuelle qui ressemble de quelque manière que ce soit à ce qui a été déjà fait dans le passé sans trop d’originalité, avec un monstre et un problème (relativement) facile à résoudre, tout en ajoutant un peu d’ombrage thématique au déroulement du récit. L’histoire est agréable à suivre, Bill et le Docteur continuent à bien fonctionner ensemble, avec tout de même une petite évolution notable dont j’en parlerais plus précisément dans le paragraphe suivant, des costumes et des décors somptueux, particulièrement soigner par une équipe de production très soucieuse du détail. Il est vraiment dommage que certains effets spéciaux, surtout ceux emploient les images de synthèse sont soit approximatifs ou soit comment dire mmm… moche ! Faut dire que l’imagerie numérique n’a jamais été son fort chez Doctor Who mais quand même en 2017. La série nous avait déjà habitués à certains effets très cheap mais relativement mis bien en scène pour que la chose soit acceptable au regard de téléspectateurs maintenant habitués à voir des séries US dont les moyens s’approchent aujourd’hui du cinéma. Pour vous dire, la palme de l’effet nanar revient quand même à la scène de mort du méchant de l’histoire, Lord Sutcliffe, qui tombe sous la glace à renfort d’un fond vert extrêmement évident.

Bill, la fille qui pleure, aussi…

Dans les précédents épisodes, nous avions remarqué à quel point le nouveau compagnon du Docteur, Bill Potts (Pearl Mackie) agissait comme si elle représentait à elle toute seule “la voix du peuple”, réagissent et en posant toutes les questions qu’un spectateur lambda pourrait dire ou faire aux diverses situations que la jeune femme vivrait. Dans Thin Ice, Bill continue à le faire dans sa première aventure historique, en interrogeant, entre autres, le Docteur sur les règles du voyage dans le temps, sur sa relation avec la grande faucheuse où simplement pourquoi sa baguette magique s’appelle un “tournevis sonique”.

Précisément, sur le dialogue entre les deux héros échangent sur la mort, Bill soulève un questionnement intéressant à ce sujet. Il faut dire que depuis 1963 à maintenant, les morts dans la série Doctor Who sont plutôt nombreuses, et vouloir se soumettre à les conter est plutôt chose extrêmement difficile (je vous lance les paris). D’un autre côté, après avoir découvert un visage plutôt positif du Docteur dans les épisodes The Pilot et Smile, Bill découvre dans Thin Ice la part sombre d’un Docteur dont la mort serait en quelque sorte sa première compagne, une allusion qui nous renvoie déjà, à ceux qui se souviendront, d’une réplique du tout premier épisode du renouveau de la série en 2005, Rose, ou un protagoniste suggérait à Rose Tyler que le Docteur avait pour compagne la mort.

Pour en revenir précisément à Bill et à son comportement, ça était une très bonne initiative de la part de Sarah Dollar d’avoir pris quelques minutes de son récit aux conséquences émotionnelles que subi la compagne du Docteur après avoir été témoins de la mort de ce pauvre petit Spider. Cela fut bénéfique pour Bill qui gagne encore plus ici en sympathie en nous la montrent si vulnérable et humaine.

Doctor Who contre les racistes

Comme on pouvait s’y attendre d’un compagnon noir du Docteur (après Martha Jones et Mickey Smith, d’autres compagnons de couleurs à plein temps), la diversité de Bill conduit ce début d’épisode vers à une remarque importante. Sur le point de sortir du TARIDS et 200 ans dans le passé, Bill rappelle gentiment mais sûrement au Docteur, qu’en 1814, l’esclavage est encore d’actualité. Cependant, un peu plus tard, la jeune femme, en regardant la foule fait la remarque de voir “un peu plus de noirs qu’au cinéma ». À laquelle le Docteur rétorque « Jésus aussi ». Évidemment en analysant ces propos, Thin Ice aborde un sujet quelque peu tabou dans l’univers de Doctor who, le racisme. Depuis ses débuts, la série a pris le parti pris d’être une oeuvre altruiste envers la politique et ceux même si au cours des dernières années les auteurs ont laissé tout de même des signes, plutôt évidente, de leur conviction politique, comme leurs positions pro LGBT à travers des allusions et des personnages se revendiquent ouvertement gay et marié.

Bien sûr, un tel propos tenu dans l’épisode peut résulter de la part de la BBC comme d’une forme de réponse aux accusations de racisme que la série Doctor who fût il n’y a pas longtemps victime. Profitent du contexte historique de Thin Ice, Steven Moffat et son équipe donne à leurs détracteurs une réponse claire et nette de la position que tient Doctor Who sur le sujet et cela se passe d’une façon très radicale : un gros coup de poing du Docteur sur la figure de Lord Sutcliffe, le véritable méchant de service de l’épisode qui peut être interprété comme une personnification même du racisme dans toute sa laideur.

Si on continue sur ce jeu, on peut également voir le monstre de l’épisode comme une personnification même de l’esclavage, puisque c’est une créature qui nous est présenté tout le long de l’épisode comme un être constamment enchaîné et entièrement soumis par celui qui personnifie cette mise en état, Lord Sutcliffe, l’esclavagiste vaincu au prix de la liberté du monstre à la fin de l’épisode.

Conclusion :

Thin Ice, est un épisode oubliable qui, malgré certains défauts (effets spéciaux très cheap), garde quand même un potentiel sympathie qui le rend attrayant. Certainement et avant toute chose présent pour remplir son quota d’épisode dit “historique” dans cette saison 10, Thin Ice vaut quand même un certain détour pour son sujet parallèle auquel il hausse abordé : le racisme.

La petite remarque anachronique : Le Docteur lit a un moment aux enfants une histoire de Der Struwwelpeter (en français Pierre l’ébouriffé ) datent de 1845, de Heinrich Hoffman. problème, Ils sont en 1814 ! Un anachronisme involontaire ou la beauté du voyage dans le temps, me diriez vous?

Thin Ice

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